Multiplier ses plantes, structurer ses interventions au fil des saisons et optimiser la reprise végétale ☘️ : le bouturage fait partie des techniques fondamentales en jardinage, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Accessible en apparence, il repose pourtant sur des logiques biologiques précises qui influencent directement le taux de réussite.
Contrairement à une idée répandue, il ne suffit pas de prélever une tige et de la mettre en terre pour obtenir un nouveau plant viable 🪴. Le succès d’une bouture dépend de plusieurs facteurs : la période de prélèvement, le type de bois, les conditions climatiques et les soins apportés après la mise en culture. C’est précisément pour cela que l’utilisation d’un calendrier des boutures prend tout son sens. Dans cet article, nous allons détailler les périodes clés, les différentes techniques et les bonnes pratiques à adopter afin de maximiser vos résultats, que vous soyez en phase d’apprentissage ou dans une logique plus professionnelle. 👌🏽
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| Plante | Mois de bouturage | Mois de repiquage | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Abélia | Juillet | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Abutilon | Juillet-août | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Arbousier | Septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Actinidia | Juillet-août | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Aucuba | Septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Ajonc | Juillet | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Agrumes | Août | Mars-avril | – |
| Akébie | Juillet-août | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Amélanchier | Août-septembre | – | – |
| Althéa | Juin-juillet | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Arabette | Juillet-août | – | En place |
| Arbre aux faisans | Novembre-décembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Aronia | Août-septembre | – | – |
| Aster | Mai-juin | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Aubriète | Avril-mai | Octobre-novembre | – |
| Aulne | Octobre-novembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Azalée caduque | Avril-mai-juin | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Azalée persistante | Août-septembre | Novembre-décembre | Terre acide |
| Berbéris persistant | Septembre | Avril | Abriter l’hiver |
| Berbéris caduc | Juillet | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Bignone | Juillet | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Brugmansia | Octobre | – | – |
| Bruyère | Juillet | – | En place |
| Buddléia | Juillet | Mars | Abriter l’hiver |
| Buis | Toute l’année (sauf décembre) | Octobre-novembre | – |
| Callicarpa | Juillet | – | – |
| Callistemon | Juin-juillet | – | – |
| Camélia | Juillet | – | Sous mini-serre |
| Caryoptéris | Juillet ou novembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Cassissier | Mars | – | Bois sec |
| Céanothe | Juillet-août | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Ceratostigma | Avril-mai | – | En place |
| Ciste | Juillet-août | Mars-avril | – |
| Chèvrefeuille arbustif | Septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Clématite | Juin-juillet | Mars-avril | Protéger la base du soleil |
| Cognassier du Japon | Juin-juillet | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Cornouiller | Juillet-août | Octobre | – |
| Cotinus | Juin | Septembre | – |
| Cotoneaster persistant | Septembre | Avril-mai | Abriter l’hiver |
| Cotoneaster horizontalis | Mai | Avril-mai | Abriter l’hiver |
| Corête | Novembre | À la reprise des racines | Serre chauffée |
| Daphné | Juin-juillet-août | Mars-avril | – |
| Deutzia | Juin | Avril-mai | Abriter l’hiver |
| Éléagnus | Août-septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Figuier | Novembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Forsythia | Octobre-novembre | Mars | Abriter l’hiver |
| Framboisier (tige) | Juillet | Mai | Abriter l’hiver |
| Framboisier (racines) | Novembre | – | Sur place |
| Frangipanier | Juin-juillet | À la reprise des racines | Serre chauffée |
| Fusain | Septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Fuchsia | Juillet-août | Octobre-novembre | – |
| Grenadier | Juin-juillet | Avril | Abriter l’hiver |
| Groseiller | Juin-juillet | Avril | Abriter l’hiver |
| Hortensia | Août | Septembre | – |
| Laurier | Avril | Septembre | – |
| Lavande | Mai | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Lilas | Avril à juin | Novembre | Abriter l’hiver |
| Noisetier | Novembre | Octobre | En place |
| Oranger du Mexique | Juillet-août | Septembre | Abriter l’hiver |
| Passiflore | Avril-mai | Juin | – |
| Photinia | Août-septembre | Avril | Abriter l’hiver |
| Pyracantha | Septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Romarin | Juillet-août | Avril | Abriter l’hiver |
| Rosier | Septembre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Santoline | Septembre-octobre | Mars-avril | Abriter l’hiver |
| Sauge | Septembre | Avril-mai | Abriter l’hiver |
| Spirée | Avril-mai | Septembre-octobre | Abriter l’hiver |
Comprendre le principe du bouturage
Le bouturage est une méthode de multiplication végétative qui consiste à créer une nouvelle plante à partir d’un fragment de la plante mère. Il peut s’agir d’une tige, d’une feuille ou plus rarement d’une racine. Contrairement au semis, cette technique permet d’obtenir un individu strictement identique à la plante d’origine, ce qui est particulièrement intéressant pour conserver les caractéristiques variétales. 🌱D’un point de vue biologique, le processus repose sur la capacité de certaines cellules végétales à se différencier et à produire de nouvelles racines. Cette faculté n’est cependant pas constante tout au long de l’année. Elle dépend notamment de l’activité de la sève, de la maturité des tissus et des conditions environnementales. C’est pourquoi la notion de calendrier est essentielle : elle permet d’intervenir au moment où la plante est physiologiquement la plus apte à produire des racines. 🌾
Pourquoi utiliser un calendrier des boutures
Le calendrier des boutures n’est pas un simple outil indicatif. Il constitue un véritable repère stratégique pour organiser ses interventions et améliorer significativement ses taux de réussite. Chaque plante suit un cycle végétatif précis. 🌿 Au printemps, la croissance est active et les tissus sont jeunes et riches en eau. À l’inverse, en automne ou en hiver, les plantes entrent en repos végétatif et les tissus deviennent plus durs et plus lignifiés. Ces différences influencent directement le type de bouture à réaliser et la vitesse d’enracinement. Utiliser un calendrier permet donc d’adapter ses pratiques à ces cycles naturels. Cela évite des erreurs fréquentes comme le prélèvement sur des tissus trop jeunes ou au contraire trop rigides, ou encore la réalisation de boutures en période de stress climatique 🌈. Dans un cadre professionnel, cet outil devient même indispensable pour planifier la production, anticiper les volumes et sécuriser les résultats.
Les grandes périodes de bouturage
Le bouturage peut être pratiqué toute l’année, à condition d’adapter la technique au stade de développement de la plante.
Boutures au printemps : croissance active 🌸
Le printemps est généralement considéré comme la période la plus favorable pour le bouturage. La reprise de la végétation entraîne une montée de sève importante, ce qui favorise la formation rapide de nouvelles racines. Les boutures réalisées à cette période sont dites herbacées. Elles sont prélevées sur des tiges jeunes, encore souples, qui présentent une forte capacité de régénération. Ce type de bouture est particulièrement adapté aux plantes d’intérieur, aux vivaces et à de nombreux arbustes ornementaux. Les conditions climatiques, avec des températures modérées et une luminosité progressive, contribuent également à limiter les risques de dessèchement.
L’été : bois semi-aoûté ☀️
En été, les tissus commencent à se durcir. On parle alors de bois semi-aoûté. Les boutures réalisées à cette période demandent davantage de rigueur, notamment en matière d’arrosage et de protection contre la chaleur. Ce type de bouture est couramment utilisé pour les plantes méditerranéennes comme la lavande ou le romarin, ainsi que pour certains arbustes comme les rosiers. Le taux de réussite reste élevé à condition de maintenir une bonne humidité et d’éviter les expositions trop directes au soleil.
L’automne : bois lignifié 🍂
À l’automne, la croissance ralentit et les tissus deviennent plus rigides. Les boutures réalisées à cette période sont dites ligneuses. Elles sont prélevées sur du bois dur, généralement après la chute des feuilles.Ce type de bouture est plus lent à s’enraciner, mais il présente l’avantage d’être plus résistant aux variations climatiques. Il est particulièrement adapté aux arbres fruitiers et à de nombreux arbustes.
L’hiver : repos végétatif ❄️
L’hiver correspond à une phase de dormance pour la majorité des plantes. Le bouturage reste possible, mais il concerne principalement les boutures de bois sec ou de racines. Les conditions extérieures étant moins favorables, ces boutures sont souvent réalisées en pépinière ou sous abri. Elles nécessitent davantage de patience, mais permettent de préparer efficacement les plantations du printemps.
Les différents types de boutures
Le choix du type de bouture dépend de la plante, de la période et de l’objectif recherché. La bouture de tige est la plus courante. Elle consiste à prélever un segment de tige comportant plusieurs nœuds, qui seront à l’origine du développement des racines. Cette technique est simple à mettre en œuvre et adaptée à un grand nombre d’espèces. 🌳 La bouture de feuille est utilisée pour certaines plantes spécifiques, notamment les plantes grasses ou les bégonias. Dans ce cas, une simple feuille peut suffire à générer un nouveau plant, à condition d’être placée dans des conditions adaptées. ✨ La bouture de bois, quant à elle, concerne les arbustes et les arbres. Elle nécessite des prélèvements plus longs et des délais d’enracinement plus importants, mais offre une excellente robustesse. 🙌🏼 Enfin, la bouture de racine, plus rare, est utilisée pour certaines espèces capables de produire de nouvelles pousses à partir de fragments racinaires.
Les bonnes pratiques pour réussir ses boutures de plantes
La réussite d’une bouture repose sur une combinaison de gestes techniques et de conditions environnementales maîtrisées. Le prélèvement doit toujours être réalisé avec un outil propre et bien affûté afin d’éviter d’endommager les tissus. Il est recommandé de couper juste sous un nœud, car c’est à cet endroit que la formation des racines est la plus probable. Le choix du substrat est également déterminant. Un mélange léger et drainant, pauvre en nutriments, favorise le développement des racines. Un excès de matière organique pourrait au contraire stimuler la croissance aérienne au détriment de l’enracinement. L’humidité ☔️doit être maintenue de manière constante, sans excès. Un environnement trop humide peut entraîner des maladies, tandis qu’un manque d’eau provoque un dessèchement rapide de la bouture. Enfin, l’exposition doit être maîtrisée. Une lumière indirecte est préférable, car le soleil direct peut provoquer un stress hydrique important.
Les erreurs à éviter
Certaines erreurs reviennent fréquemment et peuvent compromettre la réussite des boutures. Le choix d’une période inadaptée est l’une des principales causes d’échec. Bouturer une plante en dehors de son cycle optimal réduit fortement ses capacités d’enracinement. 👨🏽🌾 Le prélèvement sur une tige en floraison est également déconseillé, car l’énergie de la plante est mobilisée pour la production de fleurs et non pour la formation de racines. Un arrosage excessif ou insuffisant peut également nuire à la bouture. L’équilibre hydrique est essentiel pour maintenir des conditions favorables. L’utilisation d’un substrat trop riche ou trop compact limite l’aération des racines et freine 🐌 leur développement.
Comment utiliser votre calendrier des boutures
Le calendrier des boutures doit être utilisé comme un outil de planification. Il permet d’anticiper les périodes favorables 🌝, d’organiser les interventions et d’adapter les techniques en fonction des espèces. Il ne s’agit pas d’un outil figé, mais d’un guide à interpréter en fonction des conditions réelles : climat, exposition, type de sol ou encore spécificités des plantes cultivées. Dans une logique professionnelle, il s’intègre pleinement dans une stratégie globale de gestion du jardin, au même titre que les périodes de taille, de plantation ou d’entretien.
Conclusion
Le bouturage est une technique à la fois simple dans son principe et exigeante dans sa mise en œuvre. Pour obtenir des résultats fiables 🌱, il est essentiel de comprendre les cycles naturels des plantes et d’adapter ses pratiques en conséquence. Le calendrier des boutures constitue à ce titre un outil précieux. Il permet de structurer ses interventions, d’optimiser ses résultats et de gagner en efficacité 🌞, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel. En maîtrisant à la fois le timing et les gestes techniques 👩🏼🌾, il devient possible de multiplier ses plantes avec régularité et précision, tout en s’inscrivant dans une démarche durable et économique.







7 réponses
un très bon travail !
Il faut cependant moduler, car bizarement je n’ai jamais réussi mes boutures de rosier de septembre, mais celles de fin fevrier debut mars fonctionnent à 80%… Je les fiche en terre au moment de la taille de printemps, et ça marche super. Ensuite, je les distribue. Ils y en a même qui ont fleuri dans l’année ! C’est dire !
Comment faire pour prendre des boutures???
Les boutures de rosier prennent bien en fin juillet/début septembre dans un bon mélange terreau et de sable fin dans un endroit frais et à l’ombre. Je les réussi à chaque fois.
Bonjour, merci pour votre commentaire. Bravo, super 🙂
Les périodes pour reussir des boutures est dépendant également de la région que vous habitez. Personnellement je bouture dans la région Paca, ,dans l’arrière pays niçois, à 1000 m d’altitude dans une terre semi sableuse donc acide.
Tout est donc conditionné à divers facteurs. Les règles ne sont pas absolues.